Titre : L'Universel : l'Évangile c'est la liberté ! / direction H. Huchet
Auteur : Mouvement pacifique chrétien de langue française. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Le Havre)
Date d'édition : 1905-12-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32885496v
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 décembre 1905 01 décembre 1905
Description : 1905/12/01 (N12)-1905/12/31. 1905/12/01 (N12)-1905/12/31.
Description : Collection numérique : Fonds régional :... Collection numérique : Fonds régional : Haute-Normandie
Description : Collection numérique : Nutrisco, bibliothèque... Collection numérique : Nutrisco, bibliothèque numérique du Havre
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k4565403t
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-45090
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 19/09/2017
Guerre à la Guerre
/ /.y
KA/AJ
7 e Année. — N° 12.
MENSUEL
Cinq Centimes le IVuméro
DECEMBRE 1905
Organe du Mouvement Pacifique Chrétien
de Langue Française
“ PAIX SUR LA TERRE ! ”
ABONNEMENTS
RÉDACTION
DIRECTION :
ADMINISTRATION
PROPAGANDE
France 1 Fr
Union Postale... 2 —
H . H u. c h. e t
A-r me H. Huchet
Paul ALLÉGRET
Yves Le Bail
lSL œe Yves ILe Bail
Des abonnements Graluils
seront servis à tous ceux
qui en feront la demande.
Pour tout ce qui concerne la RÉDACTION et l'ADMINISTRATION, s’adresser au Bureau de l’UNIVERSEL, 19, Place de l’Hotel-de-Ville. — LE HAVRE
AUX LECTEURS
Sauf réclamation, le service du
journal sera suspendu à partir du
l dC janvier prochain, pour les person
nes qui , dans le courant de l'année
1905, n'ont pas manifesté leur sympathie au
mouvement pacifique chrétien, soit par une
souscription , soit par une demande d'abonnement ,
payant ou gratuit, à /'Universel.
La Direction.
SOUFFRIR
IJ ne faut pas que les lueurs entrevues dans
la nuit, dont nous parlions dernièrement à cette
place, nous empêchent de constater les ténèbres
et d’en souffrir. Plus que jamais, à l’heure où
nous sommes, les disciples de Jésus-Christ sont
appelés à souffrir : mais la douleur aussi est
un ministère.
Nous souffrons certes de nos faiblesses : en
présence d’une grande tâche le sentiment de
l’insuffisance personnelle est quelque chose de
poignant. Plus angoissante encore est la douleur
que nous inspire l’état de notre Eglise, alors
que nous voyons nettement l’importance de
l’œuvre qu’elle aurait à accomplir. Tous ceux
qui peuvent pénétrer d’assez près dans l’intimi
té de notre peuple sont obligés de voir un
redoutable désarroi des âmes et des consciences.
Il y a partout, dans les villes comme dans les
campagnes, une grande aspiration vers plus de
lumière, de vérité, de justice, plus de Vie . Et
en même temps, ce peuple déserte les vieux
sanctuaires comme on s’éloigne de « citernes
crevassées où il n’y a pas d’eau » et son âme
ne sait àquoi se reprendre. Les uns se réfugient
dans l’incrédulité : pour beaucoup, j’ai pu m’en
assurer, c’est une attitude plutôt qu’une solution
définitive. Les autres tombent dans une sorte
d’indolence, d’indifférence apathique,où ilss’ef-
forcent d’endormir leur conscience. D’où vient
ce froid (pii glace le cœur, cette nuit morale où
s’enfonce notre peuple, cette opposition au Christ
dont souflre le chrétien ? Je crois que T. Fallût
en a trouvé l'explication, ou une explication dans
son dernier livre de VAction Bonne , quand il
parle de l’infidélité des Eglises dont l’histoire si
souvent fut un sujet de scandale :
Qu’on cite, dit-il, une seule des iniquités quiont
désolé la conscience humaine, et que les chrétiens
n’aient pas défendu la Bible à la main ! Devrais-je en
conclure que jamais des chrétiens ne se soient levés
pour défendre les causes justes V A Dieu ne plaise,
car se serait un mensonge et un blasphème. Au con
traire, il n’y a pas eu d’efforts contre J iniquité auquel
quelques disciples fidèles du Christ n’aient participé.
Mais bien souvent los croyants qui combattaient le
bon combat de la justice l’ont fait sans les Eglises,
quelquefois môme malgré les Eglises...
Ah ! combien cela est vrai, en particulier, pour
ce (jui concerne la prédication de la Paix Uni
verselle, et comme nous avons souffert et
souffrons encore de l’aveuglement étrange des
Eglises à cet égard. Il y a peu de temps, j’ai
entendu une chrétienne — chrétienne par ail-
leu rsadmirable etquejerespecle profondémen t.—
me dire que les incrédules pouvaient certes
bien combattre la guerre, mais que les enfants
de Dieu n’en avaient pas le droit : « ceux qui
le font, ajouta-elle, se trompent et commettent
un péché ; ils vont contre la Volonté de Dieu.
Car la guerre est un châtiment nécessaire que
Dieu envoie sur un monde où Satan règne,
sur un monde qui doit-être anéanti, et où parmi
les fils de la perdition, les enfants de lumière
doivent être sauvés comme à travers le feu. La
Bible nous le dit. » Beaucoup parmi les fidèles
des Eglises ne vont pas jusque là ; mais que
font-ils, où sont-ils dans toutes les saintes croi
sades où il Jaut que s'engage l’Eglise du Christ
d’aujourd’hui ?
Alors, si consciemment ou inconsciemment,
les croyants restent en dehors de tout ce (pii
fait actuellement battre le cœur de notre peuple,
si tacitement ou explicitement ils sanctionnent
les iniquités contre lesquelles se révolte la
conscience humaine, comment s’étonner que ce
peuple en masse se détourne de leurs Eglises
pour aller au socialisme révolutionnaire où à
la libre-pensée? Oui, le disciple du Christ doit
souffrir.
Pourtant, j’ai cette conviction que jamais les
temps ne furent aussi propices qu’aujourd’hui à
laproclamation de l’Evangile. Si nous le voulions,
l’année qui vient, l’année de la séparation, ver
rait de grandes choses pour l’avancement du
Règne de Dieu. Le réveil viendra : nous le
croyons, nous attendons. Il rétablira Christ au
centre de notre vie, et de ce centre lumineux
rayonneront toutes les transformations espérées.
Devantlui disparaîtront tanL de ténèbres jusqu’ici
amoncelés sur sa route : la guerre aussi sera
vaincue.
Prier pour le Réveil, c’est prier pour notre
cause ; travailler pour notre cause, d’autre-part,
c’est t ravailler pour le Réveil. Et puisque bientôt
revient le Dimanche de la Paix, oh, chers amis
chrétiens de toutes les Eglises, pensez-y! Vous
trouverez dans ce numéro quelques extraits
d’un plan de sermon rédigé en 1902, par le re
gretté pasteur Henry Appia. Complétez-les par
tout ce que vous inspirera votre cœur, votre
cœur qui souflre de l’état intérieur de notre
peuple, et de l’état de notre Eglise qui n’ont
pas la Paix. Et ensemble plaçons devant Dieu
avec la supplication de notre détresse, ^immo
lation de notre vie renouvelée et consacrée par
la douleur.
Paul Allégret.
Pouf le Dimanche de la Paix
(H
Extrait d’un plan de sermon sur Esaïe II 4
Lectures: Es aïe xi-ux/17, etc. — Psaume xlvi/9-12
La question de la paix et de la guerre se pose,
angoissante devant toutes les nations. De môme
qu une petite colline peut nous empêcher de voir le
Mont-Blanc, ainsi certaines considérations d’ordre
local, d'intérêt particulier peuvent détourner notre
attention de cette grande question qui intéresse
toutes les nations. Il ne doit pas en être ainsi, car
« nul ne vit pour soi-même ».
*
* *
Le témoignage de l'Eglise a été défectueux ici, car
elle a laissé s’accréditer la légende du Dieu des
années, du Dieu des batailles. Or, quand l’Ecriture
désigne ainsi Dieu, il n’est fait qu’une ou deux lois
allusion à des faits militaires. Le Dieu des années
est celui qui a créé les cieux et toute leur armée
(Genèse 11 fl. Ps xxxm/G — G. m/21). 11 est le Dieu
de l’ordre et de la sagesse. Dans maintes Eglises on
a entonné des Te Deum en l’honneur d’une victoire.
Chrétiens, nous devons affirmer que Dieu est le
Dieu de paix. Ces dernières années ont, toutes,
été marquées par des guerres et actuellement l’anxiété
est générale. La question de l'arbitrage et du désar
mement — souvent agitée par de généreux esprits —
est posée à nouveau. A notre tour de faire notre
devoir.
I. Ennemi à combattre : La Guerre. — Le mons
tre féroce et hypocrite c'est la guerre. Elle engloutit
les revenus des peuples civilisés et s’abreuve de
leur sang. Oui. ce monstre est hypocrite; strata
gème ('t stratégie ont la même origine. Il enrôle à
son service des hommes qui la glorifient depuis le
peintre des batailles, jusqu à l'auteur du plushumble
manuel scolaire, jusqu’au fabricant de jouets pour
enfants. En face des tableaux de Versailles, on peut
dire : « cela n’est pas la guerre, ce 11 ’est qu’un
moment de la guerre, le seul qui soit un peu beau »
mais, les souffrances île toutes sortes, la faim, la
soif, les maladies, les blessures ont été omises,
oubliées, cachées... Quand les Chinois ont voulu
extirper l’Islam de leur empire, 20 millions d’êtres
humains ont péri. Des villes florissantes n’étaient
plus que des monceaux de cadavres. Après Plewna,
10.000 prisonniers turcs sont surpris'par une tempête
de neige. Affreuse misère ! Ils criaient : Allah, Allah !
Oh ! Allah, Dieu des mahométans, et toi. Père de
Jésus-Christ, Dieu des chrétiens, quand te léveras-tu
pour arrêter le monde au seuil de toutes ceS hor
reurs ! La guerre, la voilà, dépouillée de son auréole.
*
* *
La paix année, c’est la guerre à coups de millions.
Elle revêt la forme d'une institution consacrée : elle
procure des places, des décorations. Certes oui,
t'armée est une école de courage, de discipline, de
solidarité, mais le militarisme est un fléau des plus
haïssables.
Le budget général de la guerre, il y a 30 ans, était
de 3 milliards pour l'Europe. 11 est de 5 milliards
580 millions aujourd'hui. En 1897, la France et la
Russie d’un côté, la Triple Alliance de l’autre, pou
vaient. en cas de guerre, mobiliser 25 millions
d’hommes prêts à se ruer les uns sur les autres. Et
les peuples toujours portent en triomphe ceux qui
leur promettent un peu de gloire. Si cet or était
(1) Publié parle Prédicateur 1902.
/ /.y
KA/AJ
7 e Année. — N° 12.
MENSUEL
Cinq Centimes le IVuméro
DECEMBRE 1905
Organe du Mouvement Pacifique Chrétien
de Langue Française
“ PAIX SUR LA TERRE ! ”
ABONNEMENTS
RÉDACTION
DIRECTION :
ADMINISTRATION
PROPAGANDE
France 1 Fr
Union Postale... 2 —
H . H u. c h. e t
A-r me H. Huchet
Paul ALLÉGRET
Yves Le Bail
lSL œe Yves ILe Bail
Des abonnements Graluils
seront servis à tous ceux
qui en feront la demande.
Pour tout ce qui concerne la RÉDACTION et l'ADMINISTRATION, s’adresser au Bureau de l’UNIVERSEL, 19, Place de l’Hotel-de-Ville. — LE HAVRE
AUX LECTEURS
Sauf réclamation, le service du
journal sera suspendu à partir du
l dC janvier prochain, pour les person
nes qui , dans le courant de l'année
1905, n'ont pas manifesté leur sympathie au
mouvement pacifique chrétien, soit par une
souscription , soit par une demande d'abonnement ,
payant ou gratuit, à /'Universel.
La Direction.
SOUFFRIR
IJ ne faut pas que les lueurs entrevues dans
la nuit, dont nous parlions dernièrement à cette
place, nous empêchent de constater les ténèbres
et d’en souffrir. Plus que jamais, à l’heure où
nous sommes, les disciples de Jésus-Christ sont
appelés à souffrir : mais la douleur aussi est
un ministère.
Nous souffrons certes de nos faiblesses : en
présence d’une grande tâche le sentiment de
l’insuffisance personnelle est quelque chose de
poignant. Plus angoissante encore est la douleur
que nous inspire l’état de notre Eglise, alors
que nous voyons nettement l’importance de
l’œuvre qu’elle aurait à accomplir. Tous ceux
qui peuvent pénétrer d’assez près dans l’intimi
té de notre peuple sont obligés de voir un
redoutable désarroi des âmes et des consciences.
Il y a partout, dans les villes comme dans les
campagnes, une grande aspiration vers plus de
lumière, de vérité, de justice, plus de Vie . Et
en même temps, ce peuple déserte les vieux
sanctuaires comme on s’éloigne de « citernes
crevassées où il n’y a pas d’eau » et son âme
ne sait àquoi se reprendre. Les uns se réfugient
dans l’incrédulité : pour beaucoup, j’ai pu m’en
assurer, c’est une attitude plutôt qu’une solution
définitive. Les autres tombent dans une sorte
d’indolence, d’indifférence apathique,où ilss’ef-
forcent d’endormir leur conscience. D’où vient
ce froid (pii glace le cœur, cette nuit morale où
s’enfonce notre peuple, cette opposition au Christ
dont souflre le chrétien ? Je crois que T. Fallût
en a trouvé l'explication, ou une explication dans
son dernier livre de VAction Bonne , quand il
parle de l’infidélité des Eglises dont l’histoire si
souvent fut un sujet de scandale :
Qu’on cite, dit-il, une seule des iniquités quiont
désolé la conscience humaine, et que les chrétiens
n’aient pas défendu la Bible à la main ! Devrais-je en
conclure que jamais des chrétiens ne se soient levés
pour défendre les causes justes V A Dieu ne plaise,
car se serait un mensonge et un blasphème. Au con
traire, il n’y a pas eu d’efforts contre J iniquité auquel
quelques disciples fidèles du Christ n’aient participé.
Mais bien souvent los croyants qui combattaient le
bon combat de la justice l’ont fait sans les Eglises,
quelquefois môme malgré les Eglises...
Ah ! combien cela est vrai, en particulier, pour
ce (jui concerne la prédication de la Paix Uni
verselle, et comme nous avons souffert et
souffrons encore de l’aveuglement étrange des
Eglises à cet égard. Il y a peu de temps, j’ai
entendu une chrétienne — chrétienne par ail-
leu rsadmirable etquejerespecle profondémen t.—
me dire que les incrédules pouvaient certes
bien combattre la guerre, mais que les enfants
de Dieu n’en avaient pas le droit : « ceux qui
le font, ajouta-elle, se trompent et commettent
un péché ; ils vont contre la Volonté de Dieu.
Car la guerre est un châtiment nécessaire que
Dieu envoie sur un monde où Satan règne,
sur un monde qui doit-être anéanti, et où parmi
les fils de la perdition, les enfants de lumière
doivent être sauvés comme à travers le feu. La
Bible nous le dit. » Beaucoup parmi les fidèles
des Eglises ne vont pas jusque là ; mais que
font-ils, où sont-ils dans toutes les saintes croi
sades où il Jaut que s'engage l’Eglise du Christ
d’aujourd’hui ?
Alors, si consciemment ou inconsciemment,
les croyants restent en dehors de tout ce (pii
fait actuellement battre le cœur de notre peuple,
si tacitement ou explicitement ils sanctionnent
les iniquités contre lesquelles se révolte la
conscience humaine, comment s’étonner que ce
peuple en masse se détourne de leurs Eglises
pour aller au socialisme révolutionnaire où à
la libre-pensée? Oui, le disciple du Christ doit
souffrir.
Pourtant, j’ai cette conviction que jamais les
temps ne furent aussi propices qu’aujourd’hui à
laproclamation de l’Evangile. Si nous le voulions,
l’année qui vient, l’année de la séparation, ver
rait de grandes choses pour l’avancement du
Règne de Dieu. Le réveil viendra : nous le
croyons, nous attendons. Il rétablira Christ au
centre de notre vie, et de ce centre lumineux
rayonneront toutes les transformations espérées.
Devantlui disparaîtront tanL de ténèbres jusqu’ici
amoncelés sur sa route : la guerre aussi sera
vaincue.
Prier pour le Réveil, c’est prier pour notre
cause ; travailler pour notre cause, d’autre-part,
c’est t ravailler pour le Réveil. Et puisque bientôt
revient le Dimanche de la Paix, oh, chers amis
chrétiens de toutes les Eglises, pensez-y! Vous
trouverez dans ce numéro quelques extraits
d’un plan de sermon rédigé en 1902, par le re
gretté pasteur Henry Appia. Complétez-les par
tout ce que vous inspirera votre cœur, votre
cœur qui souflre de l’état intérieur de notre
peuple, et de l’état de notre Eglise qui n’ont
pas la Paix. Et ensemble plaçons devant Dieu
avec la supplication de notre détresse, ^immo
lation de notre vie renouvelée et consacrée par
la douleur.
Paul Allégret.
Pouf le Dimanche de la Paix
(H
Extrait d’un plan de sermon sur Esaïe II 4
Lectures: Es aïe xi-ux/17, etc. — Psaume xlvi/9-12
La question de la paix et de la guerre se pose,
angoissante devant toutes les nations. De môme
qu une petite colline peut nous empêcher de voir le
Mont-Blanc, ainsi certaines considérations d’ordre
local, d'intérêt particulier peuvent détourner notre
attention de cette grande question qui intéresse
toutes les nations. Il ne doit pas en être ainsi, car
« nul ne vit pour soi-même ».
*
* *
Le témoignage de l'Eglise a été défectueux ici, car
elle a laissé s’accréditer la légende du Dieu des
années, du Dieu des batailles. Or, quand l’Ecriture
désigne ainsi Dieu, il n’est fait qu’une ou deux lois
allusion à des faits militaires. Le Dieu des années
est celui qui a créé les cieux et toute leur armée
(Genèse 11 fl. Ps xxxm/G — G. m/21). 11 est le Dieu
de l’ordre et de la sagesse. Dans maintes Eglises on
a entonné des Te Deum en l’honneur d’une victoire.
Chrétiens, nous devons affirmer que Dieu est le
Dieu de paix. Ces dernières années ont, toutes,
été marquées par des guerres et actuellement l’anxiété
est générale. La question de l'arbitrage et du désar
mement — souvent agitée par de généreux esprits —
est posée à nouveau. A notre tour de faire notre
devoir.
I. Ennemi à combattre : La Guerre. — Le mons
tre féroce et hypocrite c'est la guerre. Elle engloutit
les revenus des peuples civilisés et s’abreuve de
leur sang. Oui. ce monstre est hypocrite; strata
gème ('t stratégie ont la même origine. Il enrôle à
son service des hommes qui la glorifient depuis le
peintre des batailles, jusqu à l'auteur du plushumble
manuel scolaire, jusqu’au fabricant de jouets pour
enfants. En face des tableaux de Versailles, on peut
dire : « cela n’est pas la guerre, ce 11 ’est qu’un
moment de la guerre, le seul qui soit un peu beau »
mais, les souffrances île toutes sortes, la faim, la
soif, les maladies, les blessures ont été omises,
oubliées, cachées... Quand les Chinois ont voulu
extirper l’Islam de leur empire, 20 millions d’êtres
humains ont péri. Des villes florissantes n’étaient
plus que des monceaux de cadavres. Après Plewna,
10.000 prisonniers turcs sont surpris'par une tempête
de neige. Affreuse misère ! Ils criaient : Allah, Allah !
Oh ! Allah, Dieu des mahométans, et toi. Père de
Jésus-Christ, Dieu des chrétiens, quand te léveras-tu
pour arrêter le monde au seuil de toutes ceS hor
reurs ! La guerre, la voilà, dépouillée de son auréole.
*
* *
La paix année, c’est la guerre à coups de millions.
Elle revêt la forme d'une institution consacrée : elle
procure des places, des décorations. Certes oui,
t'armée est une école de courage, de discipline, de
solidarité, mais le militarisme est un fléau des plus
haïssables.
Le budget général de la guerre, il y a 30 ans, était
de 3 milliards pour l'Europe. 11 est de 5 milliards
580 millions aujourd'hui. En 1897, la France et la
Russie d’un côté, la Triple Alliance de l’autre, pou
vaient. en cas de guerre, mobiliser 25 millions
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