Titre : L'Universel : l'Évangile c'est la liberté ! / direction H. Huchet
Auteur : Mouvement pacifique chrétien de langue française. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Le Havre)
Date d'édition : 1905-11-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32885496v
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 novembre 1905 01 novembre 1905
Description : 1905/11/01 (N11)-1905/11/30. 1905/11/01 (N11)-1905/11/30.
Description : Collection numérique : Fonds régional :... Collection numérique : Fonds régional : Haute-Normandie
Description : Collection numérique : Nutrisco, bibliothèque... Collection numérique : Nutrisco, bibliothèque numérique du Havre
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k4565402d
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-45090
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 19/09/2017
Guerre à
la Guerre
7 e Année. — N° 11.
MENSUEL
Cinq; Centimes le Numéro
NOVEMBRE 1905
Organe du Mouvement Pacifique Chrétien
de Langue Française
“ PAIX SUR LA TERRE ! ”
ABONNEMENTS
RÉDACTION
DIRECTION :
ADMINISTRATION
PROPAGANDE
France 1 Fr.
Union Postale... 2 —
H . H ta c li e t
M! rae IT. Hncïiet
Paul ALLÉGRET
Yves Le Bail
M me Yves Le Bail
Des abonnements Gratuits
seront servis à tous ceux
qui en feront la demande-
Pour tout ce qui concerne la RÉDACTION et l’ADMINlSTRATION, s’adresser au Bureau de l’UNIVERSEL, 19, Place de rHôtel-de-Ville. — LE HAVRE
CORRESPONDANCE
Le Président du Comité Central de notre
Société a reçu la lettre suivante :
Département d’Etat, Washington, 26 Sept. 1905.
Comité Central des Amis de la Paix
Le Havre
Monsieur,
C'est avec un grand plaisir que je m'acquitte du
message dont je suis chargé par le Président
Roosevelt, en vous exprimant ses remerciements
sincères, pour la manière cordiale dont vous avez
reconnu, par votre lettre du 7 courant, ses efforts
dans la cause de la Paix.
Je suis, Monsieur, votre dévoué serviteur,
J.-B. Loomis,
Secrétaire d'Etat.
Imears dans la liait
Je reçois une très intéressante brochure
intitulée Une Polémique , dont l’auteur est
M. Georges L’Enfant, directeur du Journal de
Condè-sur-Noireau, et secrétaire d’une de nos
Sections des Amis de la Paix. Le corps de l’ou
vrage n’a qu’un rapport indirect avec la cause
que nous défendons ici, mais les premières pages,
qui indiquent le poin t de départ de la polémique
en question, viennent donner un singulier appui
à certaines idées que j’ai eu l’occasion d’expri
mer depuis quelques temps. Voici de quoi il
s’agit.
M. Delarbre, député de la première circons
cription de Caen a fait connaître, par voie
d’interview et par voie d’affiche, qu’il ne serait
pas candidat aux prochaines élections législatives,
parce qu’il ne se sentait pas en accord de sen
timent avec le parti nationaliste auquel il se
rattachait précédemment. Je ne connais pas le
texte complet des déclarations de M. Delarbre;
je n’en connais que l’extrait suivant, qui vaut
ia peine d’être reproduit ici :
.... Vous savez que je suis un chrétien convaincu,
un croyant. Chez moi, l’idéal religieux n'a rien à voir
avec la politique. Là encore je regrette que trop de po
liticiens se soient faits un tremplin de la religion, pour
défendre les intérêts de leur parti. L’Eglise a tout inté
rêt à demeurer en dehors de nos querelles, et, si je
déplore que les événements aient peu à peu amené
entre elle et la République le conflit actuel, si j'en
éprouve un grand chagrin, je vois parmi mes amis po
litiques d’hier Lien des responsabilités....
.... Enfin, et ce sont là des principes qui procèdent
directement do mes convictions religieuses, je trouve
que l’effort de tous les hommes de cœur doit se porter
vers le triomphe chaque jour plus nécessaire de la
démocratie.
En face de toutes les misères que renferme l’organi
sation sociale actuelle, en face de toutes les injustices
qu'elle consacre, que signifient les mesquines querelles
des partis ?
C’est au peuple qu’il faut aller tout droit. C’est de
l’émancipation du prolétariat, plus instruit, plus cons
cient de sa force, plus organisé, qu’il faut attendre les
transformations nécessaires.
Vers ces transformations, vers tout ce qui estla paix,
la fraternité et le bonheur, je me sens poussé de toutes
mes forces ; et je n’entends jamais à la Chambre déve
lopper une idée en faveur de l’amélioration du sort des
travailleurs, du changement de leur condition, de la
protection de leurs forces physiques, de la défense de
leurs salaires, et je dirai plus, du respect de leur vie
par la substitution de l’arbitrage international à l’état
de guerre permanente entre les peuples, sans me dire:
ce sont vraiment là mes sentiments, et telle est à mes
yeux la vérité....
Gel. extrait me suffit. En même temps que
ces paroles m’inspirent une grande estime pour
le caractère de celui qui les a écrites, elles m’é
meuvent et me réjouissent. Certes, le cas de
M. Delarbre n’est pas isolé ; depuis que nous
combattons ici en chrétiens pour l’abolition de
la guerre, nous avons reçu quelques lettres en
courageantes — mon ami Hucnet les garde
précieusement comme un avare son trésor —
qui nous sont venues d’hommes n’appartenant
pas à la famille protestante. Le député de la
première circonscription de Gaen probablement
nous ignore; mais il a fait afficher surles murs
d’une des villes les plus cléricales de France,
comme chacun sait, des idées qui semblentem-
pruntées à notre programme. Gela, nous pou
vons le constater avec satisfaction et l’admirer,
comme nous admirons tout beau geste de cou
rage physique.
J’ai dit que le cas de M. Delarbre n’était pas
isolé. Je me rappelle une des dernières confé
rences sur le pacifisme que je fis en Normandie,
et qui a donné lieu à une manifestation dont le
président de la soirée, notre collègue M, Joye,
a certainement gardé comme moi-meme un ré
confortant souvenir. Un homme fort connu dans
le pays, et connu comme un catholique Irès
croyant et très pratiquant, vint à cette confé
rence. Il fit plus ({ue d’y venir ; il s’assit à
coté du président, el il prit part à la réunion ;
je ne veux pas le nommeî, car il lit fidèlement
Y Universel et il me reprocherait d’avoir écrit
de lui quelque chose qui ressemblât à un éloge.
Il raconta publiquement comment il était venu
au mouvement pacifiste ; il fil siens tous les
développements de ma conférence, et reven
diquant sa qualité de laïque catholique , parlant
en public entre deux pasteurs, il supplia les
catholiques de l’auditoire, au nom même de
leurs convictions religieuses, de s’unir à tous
ceux qui s’efforçaient d’entraîner l’opinion pu
blique dans un mouvement de libération à
l’égard de P abominable guerre,
Je veux encore citer un autre exemple : il y a
tout juste un mois, un prêtre de l’Eglise romaine
et un curé vieux catholique, m’ont dit l’un et
l’autre, à très peu de jours d’intervalle, qu’ils
seraient heureux de présider avec moi des con
férences pacifices. Sans doute, ou ne peut pas
dire que de pareilles initiatives soient pour l’ins
tant chose très fréquente. Mais, certains de nos
amis ont eu de leur côté de semblables encoura-
gements, et cela suffit pour qu’on puisse espérer
des jours meilleurs ; et — qui sait ? — peut-être
un réveil de la conscience chrétienne en certains
milieux.
Vraiment il le faudrait à la France. Quand
on veut se rendre compte de la situation ac
tuelle on ne peut qu’être effrayé. Les dernières
statistiques qui viennent d’être publiées, celles
de iqo4, donnent raison aux alarmistes. On
parlait, il y a 4 ou 5 ans, d’arrêt dans le déve
loppement de notre prospérité nationale ; il faut
maintenant aller plus loin ou plus bas. Notre
commerce diminué nous met à la queue des
grandes nations : nous voici en-dessous de la
Hollande ; notre natalité n’a jamais été aussi
faible; elle n’atteint pas le chiffre qu’accusait la
France quand elle n’avait que 2/1 millions
d’habitants! Ajoutez à cela tout ce qui nous
ronge : débauche, jeu, alcool, flot montant de
la frivolité, du suicide, du vice, de la misère,
du crime. Il faut bien finir par voir que nous
sommes menacés de déchéance; nous sombrons,
ayant perdu notre vigueur, parce que nous
avons perdu notre Foi.
Pourtant il y a dans ce pays des énergies
cachées ; il y a des hommes qui ne peuvent
prendre leur parti de cet état, et dont le cœur
saigne quand ils contemplent leur nation, plus
ignorante et misérable encore que coupable ;
des hommes qui voudraient agir, se dévouer,
se donner. Nous en connaissions déjà autour
de nous, dans nos milieux habituels. En voici
qui viennent d’autre part; je sais qu’ils ne sont
pas de notre Eglise, mais je trouve qu’à parler
comme ils font ils ont un rare mérite, car leur
combat dut être douloureux et leur ascension
pénible. Et quand ces hommes apportent leur
concours à l’œuvre commune de la Guerre à la
Guerre, je me réjouis de leur adhésion que je
salue comme les premières lueurs d’un jour
nouveau.
Paul Allégret.
CONTRE LA GUERRE
Je voudrais voir les gens gui poussent à la guerre
Sur un champ de bataille, à l'heure où les corbeaux
Crèven t à coup de bec et mettent en lambeaux
Tous ces yeux et ces cœurs gui s’enflammaient naguère.
Tandis gue flotte au loin leur drapeau triomphant,
Et gue, parmi ceux-là gui gisent dans la plaine,
Les doigts crispés, la bouche ouverte et sans haleine.
L’un reconnaît son frère et l'autre son enfant.
Oh ! je voudrais les voir, lorsque dans la mêlée
La gueule des canons crache à pleine volée
Les paguets de mitraille au nez des combattants.
Les voir tons ces gens-là prêcher leurs théories,
Devant ces front* troués, ces poitrines meurtries
D’où la mort a chassé des âmes de vingt ans.
R. PoNSART.
L’adresse de M. le Pasteur Paul Allégret est
maintenant : 11 , rue Fernand-Delmas, Drive (Corrèze).
la Guerre
7 e Année. — N° 11.
MENSUEL
Cinq; Centimes le Numéro
NOVEMBRE 1905
Organe du Mouvement Pacifique Chrétien
de Langue Française
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DIRECTION :
ADMINISTRATION
PROPAGANDE
France 1 Fr.
Union Postale... 2 —
H . H ta c li e t
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Paul ALLÉGRET
Yves Le Bail
M me Yves Le Bail
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Pour tout ce qui concerne la RÉDACTION et l’ADMINlSTRATION, s’adresser au Bureau de l’UNIVERSEL, 19, Place de rHôtel-de-Ville. — LE HAVRE
CORRESPONDANCE
Le Président du Comité Central de notre
Société a reçu la lettre suivante :
Département d’Etat, Washington, 26 Sept. 1905.
Comité Central des Amis de la Paix
Le Havre
Monsieur,
C'est avec un grand plaisir que je m'acquitte du
message dont je suis chargé par le Président
Roosevelt, en vous exprimant ses remerciements
sincères, pour la manière cordiale dont vous avez
reconnu, par votre lettre du 7 courant, ses efforts
dans la cause de la Paix.
Je suis, Monsieur, votre dévoué serviteur,
J.-B. Loomis,
Secrétaire d'Etat.
Imears dans la liait
Je reçois une très intéressante brochure
intitulée Une Polémique , dont l’auteur est
M. Georges L’Enfant, directeur du Journal de
Condè-sur-Noireau, et secrétaire d’une de nos
Sections des Amis de la Paix. Le corps de l’ou
vrage n’a qu’un rapport indirect avec la cause
que nous défendons ici, mais les premières pages,
qui indiquent le poin t de départ de la polémique
en question, viennent donner un singulier appui
à certaines idées que j’ai eu l’occasion d’expri
mer depuis quelques temps. Voici de quoi il
s’agit.
M. Delarbre, député de la première circons
cription de Caen a fait connaître, par voie
d’interview et par voie d’affiche, qu’il ne serait
pas candidat aux prochaines élections législatives,
parce qu’il ne se sentait pas en accord de sen
timent avec le parti nationaliste auquel il se
rattachait précédemment. Je ne connais pas le
texte complet des déclarations de M. Delarbre;
je n’en connais que l’extrait suivant, qui vaut
ia peine d’être reproduit ici :
.... Vous savez que je suis un chrétien convaincu,
un croyant. Chez moi, l’idéal religieux n'a rien à voir
avec la politique. Là encore je regrette que trop de po
liticiens se soient faits un tremplin de la religion, pour
défendre les intérêts de leur parti. L’Eglise a tout inté
rêt à demeurer en dehors de nos querelles, et, si je
déplore que les événements aient peu à peu amené
entre elle et la République le conflit actuel, si j'en
éprouve un grand chagrin, je vois parmi mes amis po
litiques d’hier Lien des responsabilités....
.... Enfin, et ce sont là des principes qui procèdent
directement do mes convictions religieuses, je trouve
que l’effort de tous les hommes de cœur doit se porter
vers le triomphe chaque jour plus nécessaire de la
démocratie.
En face de toutes les misères que renferme l’organi
sation sociale actuelle, en face de toutes les injustices
qu'elle consacre, que signifient les mesquines querelles
des partis ?
C’est au peuple qu’il faut aller tout droit. C’est de
l’émancipation du prolétariat, plus instruit, plus cons
cient de sa force, plus organisé, qu’il faut attendre les
transformations nécessaires.
Vers ces transformations, vers tout ce qui estla paix,
la fraternité et le bonheur, je me sens poussé de toutes
mes forces ; et je n’entends jamais à la Chambre déve
lopper une idée en faveur de l’amélioration du sort des
travailleurs, du changement de leur condition, de la
protection de leurs forces physiques, de la défense de
leurs salaires, et je dirai plus, du respect de leur vie
par la substitution de l’arbitrage international à l’état
de guerre permanente entre les peuples, sans me dire:
ce sont vraiment là mes sentiments, et telle est à mes
yeux la vérité....
Gel. extrait me suffit. En même temps que
ces paroles m’inspirent une grande estime pour
le caractère de celui qui les a écrites, elles m’é
meuvent et me réjouissent. Certes, le cas de
M. Delarbre n’est pas isolé ; depuis que nous
combattons ici en chrétiens pour l’abolition de
la guerre, nous avons reçu quelques lettres en
courageantes — mon ami Hucnet les garde
précieusement comme un avare son trésor —
qui nous sont venues d’hommes n’appartenant
pas à la famille protestante. Le député de la
première circonscription de Gaen probablement
nous ignore; mais il a fait afficher surles murs
d’une des villes les plus cléricales de France,
comme chacun sait, des idées qui semblentem-
pruntées à notre programme. Gela, nous pou
vons le constater avec satisfaction et l’admirer,
comme nous admirons tout beau geste de cou
rage physique.
J’ai dit que le cas de M. Delarbre n’était pas
isolé. Je me rappelle une des dernières confé
rences sur le pacifisme que je fis en Normandie,
et qui a donné lieu à une manifestation dont le
président de la soirée, notre collègue M, Joye,
a certainement gardé comme moi-meme un ré
confortant souvenir. Un homme fort connu dans
le pays, et connu comme un catholique Irès
croyant et très pratiquant, vint à cette confé
rence. Il fit plus ({ue d’y venir ; il s’assit à
coté du président, el il prit part à la réunion ;
je ne veux pas le nommeî, car il lit fidèlement
Y Universel et il me reprocherait d’avoir écrit
de lui quelque chose qui ressemblât à un éloge.
Il raconta publiquement comment il était venu
au mouvement pacifiste ; il fil siens tous les
développements de ma conférence, et reven
diquant sa qualité de laïque catholique , parlant
en public entre deux pasteurs, il supplia les
catholiques de l’auditoire, au nom même de
leurs convictions religieuses, de s’unir à tous
ceux qui s’efforçaient d’entraîner l’opinion pu
blique dans un mouvement de libération à
l’égard de P abominable guerre,
Je veux encore citer un autre exemple : il y a
tout juste un mois, un prêtre de l’Eglise romaine
et un curé vieux catholique, m’ont dit l’un et
l’autre, à très peu de jours d’intervalle, qu’ils
seraient heureux de présider avec moi des con
férences pacifices. Sans doute, ou ne peut pas
dire que de pareilles initiatives soient pour l’ins
tant chose très fréquente. Mais, certains de nos
amis ont eu de leur côté de semblables encoura-
gements, et cela suffit pour qu’on puisse espérer
des jours meilleurs ; et — qui sait ? — peut-être
un réveil de la conscience chrétienne en certains
milieux.
Vraiment il le faudrait à la France. Quand
on veut se rendre compte de la situation ac
tuelle on ne peut qu’être effrayé. Les dernières
statistiques qui viennent d’être publiées, celles
de iqo4, donnent raison aux alarmistes. On
parlait, il y a 4 ou 5 ans, d’arrêt dans le déve
loppement de notre prospérité nationale ; il faut
maintenant aller plus loin ou plus bas. Notre
commerce diminué nous met à la queue des
grandes nations : nous voici en-dessous de la
Hollande ; notre natalité n’a jamais été aussi
faible; elle n’atteint pas le chiffre qu’accusait la
France quand elle n’avait que 2/1 millions
d’habitants! Ajoutez à cela tout ce qui nous
ronge : débauche, jeu, alcool, flot montant de
la frivolité, du suicide, du vice, de la misère,
du crime. Il faut bien finir par voir que nous
sommes menacés de déchéance; nous sombrons,
ayant perdu notre vigueur, parce que nous
avons perdu notre Foi.
Pourtant il y a dans ce pays des énergies
cachées ; il y a des hommes qui ne peuvent
prendre leur parti de cet état, et dont le cœur
saigne quand ils contemplent leur nation, plus
ignorante et misérable encore que coupable ;
des hommes qui voudraient agir, se dévouer,
se donner. Nous en connaissions déjà autour
de nous, dans nos milieux habituels. En voici
qui viennent d’autre part; je sais qu’ils ne sont
pas de notre Eglise, mais je trouve qu’à parler
comme ils font ils ont un rare mérite, car leur
combat dut être douloureux et leur ascension
pénible. Et quand ces hommes apportent leur
concours à l’œuvre commune de la Guerre à la
Guerre, je me réjouis de leur adhésion que je
salue comme les premières lueurs d’un jour
nouveau.
Paul Allégret.
CONTRE LA GUERRE
Je voudrais voir les gens gui poussent à la guerre
Sur un champ de bataille, à l'heure où les corbeaux
Crèven t à coup de bec et mettent en lambeaux
Tous ces yeux et ces cœurs gui s’enflammaient naguère.
Tandis gue flotte au loin leur drapeau triomphant,
Et gue, parmi ceux-là gui gisent dans la plaine,
Les doigts crispés, la bouche ouverte et sans haleine.
L’un reconnaît son frère et l'autre son enfant.
Oh ! je voudrais les voir, lorsque dans la mêlée
La gueule des canons crache à pleine volée
Les paguets de mitraille au nez des combattants.
Les voir tons ces gens-là prêcher leurs théories,
Devant ces front* troués, ces poitrines meurtries
D’où la mort a chassé des âmes de vingt ans.
R. PoNSART.
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