Titre : L'Universel : l'Évangile c'est la liberté ! / direction H. Huchet
Auteur : Mouvement pacifique chrétien de langue française. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Le Havre)
Date d'édition : 1905-06-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32885496v
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 juin 1905 01 juin 1905
Description : 1905/06/01 (N6)-1905/06/30. 1905/06/01 (N6)-1905/06/30.
Description : Collection numérique : Fonds régional :... Collection numérique : Fonds régional : Haute-Normandie
Description : Collection numérique : Nutrisco, bibliothèque... Collection numérique : Nutrisco, bibliothèque numérique du Havre
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k4565397j
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-45090
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 19/09/2017
pp
iS
I
i
Guerre à la Guerre
® £ ‘ D 0T ' £ g A L
190
7 e Année. — N° 6.
MENSUEL
Cinq Centimes le Numéro
JUIN 1905
Organe du Mouvement Pacifique Chrétien
de Langue Française
“ PAIX SUR LA TERRE ! ”
ABONNEMENTS
France 1 Fr.
Union Postale... 2 —
RÉDACTION
EsanKCTao* :
• ADMINISTRATION
II. Il u cliet
Paul ALLÉGRET
Yves Le liait
]NI me II. Uucliet
AU HAVRE
Aime Yves Le Ha il
PROPAGANDE
Des abonnements Gratuits
seront servis à tous ceux
qui en feront la demande
Pour tout ce qui concerne la RÉDACTION et l’ADMINlSTRATION, s’adresser au Bureau de l’UNIVERSEL, 19, Place de l’Hôtel-de-Ville. — LE HAVRE
Devoir actuel
Nous avons demandé à notre collaborateur M.
Nougarède, membre du Comité central des Amis
de la Paix, qui fut chargé du rapport concernant
le pacifisme chrétien au Synode de Reims, de
parler à nos lecteurs, avec quelques détails, de cette
importante manifestation. Le vote favorable dont
on trouvera le texte dans son article, vient accentuer
“ les paroles d’espérance ” que nous faisions en
tendre à cette place le mois dernier.
Le Synode de Reims exprime l'opinion des repré
sentants de la plus importante fraction de l’Eglise
Reformée de France ; mais il serait injuste de croire
que.les autres groupements qui composent le pro
testantisme français, restent indifférents à la lutte
engagée contre la guerre. Nous avons reçu ces
derniers temps des lettres et des appels venant
d’une part de pasteurs qui ne se rattachent pas à
l’organisation synodale, et d’autre part de pasteurs
faisant partie des Eglises libres ou méthodistes, qui
eux aussi nous apportent leur appui ou nous de
mandent notre concours pour l’œuvre pacifique.
Ajoutons que les nouvelles encourageantes venues
de Genève et du Jura Neuchâtelois, prouvent que
l’agitation n’est pas circonscrite à la France.
Il faut donc, maintenant, considérer en face le
devoir nouveau que les circonstances nous impo
sent. Après avoir longtemps prêché dans le désert,
voici que ce désert s’anime. Reléguée jusqu’ici à
l’arrière plan des préoccupations de la conscience
chrétienne, derrière la lutte contre l’athéisme, ou
l’immoralité, ou l’alcoolisme, la question de la Paix
monte, et va prendre la place qui lui convient dans
l’activité des disciples du Christ. Nous voyons
d’autres symptômes qui nous montrent que la
campagne anti-guerrière est, en voie de devenir
populaire : tel orateur de réunion publique dont
la spécialité était de battre monnaie avec les causes
à succès, et qui s’était bien gardé d’épouser celle-là
alors qu’il y avait quelque mérite à le faire, promène
maintenant à travers la France une conférence sur
la Paix, et trouve des auditeurs qui n'hésitent pas
à prélever sur leur salaire une somme relativement
importante, pour acheter le plaisir de venir l’en
tendre. Il faut reconnaître d’ailleurs, que si l’on
ne sent pas vibrer dans sa parole l’émotion d’une
âme convaincue, on y retrouve le prestige d’un
merveilleux talent.
Tout cela est instructif ; je puis bien dire aussi
que tout cela est troublant. L’heure espérée et at
tendue semble sonner maintenant à l’horloge de
l’histoire que nous avons modestement essayé
d’écrire ici ; et j’ai peur que nous ne soyions pas
suffisamment prêts pour cette heure, lien est ainsi,
hélas ! dans bien d’autres domaines ! — N’est-ce
pas une tristesse que d’être obligé de répondre par
un refus aux demandes de brochures et de confé
rences qui nous viennent des quatre coins du pays !
Il nous faudrait une organisation qui affirmerait
l’existence et centraliseraitl’effortdu parti pacifique
chrétien : et nous nous sentons incapables de créer
cette organisation. Tous les devoirs se présentent
à la fois devant le petit troupeau que Dieu a main
tenu en France : devoir d’évangélisation, devoir
de mission au loin, devoir d’éducation populaire,
tâches de relèvement et de salut. Et ce petit trou
peau se débat sous l’obsédante préoccupation de
son avenir. Nous ne manquons ni de courage, ni
de confiance, car nous savons qu’après les ténèbres
actuelles viendra la radieuse clarté du plein midi.
Mais comme nous avons besoin d’entendre l'auguste
parole “ Ne crains pas. ”
Nous ne pouvons que faire partager nos espé
rances et nos angoisses à nos amis de la première
heure. Le devoir actuel nous paraît net, précis.
Comment l’accomplirons-nous ? Dieu nous le
montrera. Prions et attendons.
Paul Allégret.
LE PACIFISME
au Synode de Reims
L’œuvre entreprise, il y a quelques années, par
la Société Chrétienne des Amis de la Paix , vient
de faire un nouveau pas en avant. Depuis le
Synode général qui vient de se réunira Reims,
du q au 18 mai, le pacifisme a droit de cité dans
l’Eglise. La question de la Guerre et de la Paix
est mise à l’ordre du jour des délibérations des
2 i Synodes particuliers qui, tous les ans, du nord
au midi, groupent les représentants de plus de
cinq cents communautés religieuses évangéli
ques. Cette question se pose do-nc, on peut le
dire sans rien exagérer, non plus devant quelques
individus épris d’idéal, mais devant le protestan
tisme français tout entier ; et il est certain que’
les plus grands résultats peuvent sortir de ce
mouvement, si chaque pacifiste, s’empressant de
saisir Poccasion, sait faire son devoir.
■ C’est à Rouen, l’an dernier, (pie la chose a
commencé. Le Comité central de notre Société,
profitant alors de la réunion du Synode de Nor
mandie, tint une séance, et me chargea de
demander à la Commission exécutive du Synode
•qu'un rapport fut présenté, à la session suivante,
sur le pacifisme chrétien. La commission fit à ce
vœu une réponse favorable, et chargea M. le
pasteur Allégret du rapport. Malheureusement,
lorsque, le 14 avril dernier, la question vint à
l’étude au Synode de Lillebonne, il restait si peu
de temps que notre cher président fut obligé
d’amputer les 5/6 de son travail et de nous en
donner seulement la conclusion. 11 s’agissait
d’ailleurs, non de se prononcer sur le fond de
la question, mais de prier le Synode général de
la renvoyer aux Synodes particuliers. C’est ce
que fit l’assemblée à la presque unanimité, en
prenant la délibération publiée dans le dernier
numéro de VUniversel.
A Reims, comme je faisais partie de la Com
mission des vœux, j’ai demandé et obtenu de
présenter la proposition en séance du Synode.
La discussion de l’ordre du jour que j’avais
rédigé, et (pii avait été adopté par la Commission,
a été courte, mais chaude. Dans mon rapport
verbal, j’ai rappelé les origines de notre Société
pacifique chrétienne, ainsi que le travail qu’elle
avait pu accomplir jusqu’ici, malgré le nombre
restreint de ses adhérents, la place qu’elle avait
su prendre dans le mouvement pacifiste, à côté
de Sociétés plus anciennes et plus grandes. A
l’étranger, dis-je, en Amérique par exemple
comme l’a prouvé le Congrès de Boston, le pa
cifisme est essentiellement chrétien et va puiser
son inspiration dans l’Evangile. Chez nous, jus
qu’à ces dernières années, il n’en était pas ainsi,
et il est temps que l’Eglise reprenne rang parmi
J ceux qui combattent pour le.droit, contre la force
j brutale. Nous n’en voulons pas à l’armée, ni à
| qui que ce soit ' ce que nous voulons détruire,
| au nom de Jésus Christ, c’est une crrèur, l’erreur
des deux morales, d’après laquelle le meurtre et
le vol, interdits aux individus, seraient légitimes
quand c’est la collectivité qui les accomplit. Nos
Eglises doivent lutter contre cette erreur, comme
elles luttent contre l’alcoolisme et la tuberculose.
Presque tous les députés présents donnèrent
à ce court exposé des marques de complet assen
timent. L’un d’entre eux cependant, le colonel
Moziman, crut devoir faire quelques réserves :
« Moi aussi, dit-il, je suis pour la paix, mais je
crains que les pacifistes n’aillent trop loin, et que
leurs théories n’exerccntuneinfluencenéfaste sur
la jeunesse ; en parlant toujours de paix, vous dé
tournez l’enfant de ses futurs devoirs de citoyen
et de soldat. Du reste, vous vous trompez
d’adresse, car la guerre a des causes purement
économiques. »
« C’est vrai ! répond aussitôt M.Wilfred Monod,
et c’est pourquoi il faudra bien en venir, un jour
ou l’autre, à étudier comme il convient laques-
lion de la propriété ! »
Je réponds à mon tour que nous n’avons
nullement l’intention de déraciner des jeunes
âmes les sentiments patriotiques. 11 est certain
cependant que, jusqu’ici, les éducateurs ont fait
la place trop belle aux conquérants dans leur
enseignement. Jeanne d'Arc reste pour nous un
admirable modèle, mais les grands conquérants
ne se différencient pas à nos yeux des grands
voleurs.
M. Hausser, un admirable orateur, monte à la
tribune : « Voyez, dit-il, où l’on nous mène ! En
moins de cinq minutes — il ne lui a pas fallu
plus de temps — M. Monod, vient d’arracher
au colonel Moziman, une profession de foi collec
tiviste ! Et maintenant on vient nous dire que les
grands conquérants sont les grands voleurs !
(Oui ! Oui! sur divers bancs.) Soyons modérés,
iS
I
i
Guerre à la Guerre
® £ ‘ D 0T ' £ g A L
190
7 e Année. — N° 6.
MENSUEL
Cinq Centimes le Numéro
JUIN 1905
Organe du Mouvement Pacifique Chrétien
de Langue Française
“ PAIX SUR LA TERRE ! ”
ABONNEMENTS
France 1 Fr.
Union Postale... 2 —
RÉDACTION
EsanKCTao* :
• ADMINISTRATION
II. Il u cliet
Paul ALLÉGRET
Yves Le liait
]NI me II. Uucliet
AU HAVRE
Aime Yves Le Ha il
PROPAGANDE
Des abonnements Gratuits
seront servis à tous ceux
qui en feront la demande
Pour tout ce qui concerne la RÉDACTION et l’ADMINlSTRATION, s’adresser au Bureau de l’UNIVERSEL, 19, Place de l’Hôtel-de-Ville. — LE HAVRE
Devoir actuel
Nous avons demandé à notre collaborateur M.
Nougarède, membre du Comité central des Amis
de la Paix, qui fut chargé du rapport concernant
le pacifisme chrétien au Synode de Reims, de
parler à nos lecteurs, avec quelques détails, de cette
importante manifestation. Le vote favorable dont
on trouvera le texte dans son article, vient accentuer
“ les paroles d’espérance ” que nous faisions en
tendre à cette place le mois dernier.
Le Synode de Reims exprime l'opinion des repré
sentants de la plus importante fraction de l’Eglise
Reformée de France ; mais il serait injuste de croire
que.les autres groupements qui composent le pro
testantisme français, restent indifférents à la lutte
engagée contre la guerre. Nous avons reçu ces
derniers temps des lettres et des appels venant
d’une part de pasteurs qui ne se rattachent pas à
l’organisation synodale, et d’autre part de pasteurs
faisant partie des Eglises libres ou méthodistes, qui
eux aussi nous apportent leur appui ou nous de
mandent notre concours pour l’œuvre pacifique.
Ajoutons que les nouvelles encourageantes venues
de Genève et du Jura Neuchâtelois, prouvent que
l’agitation n’est pas circonscrite à la France.
Il faut donc, maintenant, considérer en face le
devoir nouveau que les circonstances nous impo
sent. Après avoir longtemps prêché dans le désert,
voici que ce désert s’anime. Reléguée jusqu’ici à
l’arrière plan des préoccupations de la conscience
chrétienne, derrière la lutte contre l’athéisme, ou
l’immoralité, ou l’alcoolisme, la question de la Paix
monte, et va prendre la place qui lui convient dans
l’activité des disciples du Christ. Nous voyons
d’autres symptômes qui nous montrent que la
campagne anti-guerrière est, en voie de devenir
populaire : tel orateur de réunion publique dont
la spécialité était de battre monnaie avec les causes
à succès, et qui s’était bien gardé d’épouser celle-là
alors qu’il y avait quelque mérite à le faire, promène
maintenant à travers la France une conférence sur
la Paix, et trouve des auditeurs qui n'hésitent pas
à prélever sur leur salaire une somme relativement
importante, pour acheter le plaisir de venir l’en
tendre. Il faut reconnaître d’ailleurs, que si l’on
ne sent pas vibrer dans sa parole l’émotion d’une
âme convaincue, on y retrouve le prestige d’un
merveilleux talent.
Tout cela est instructif ; je puis bien dire aussi
que tout cela est troublant. L’heure espérée et at
tendue semble sonner maintenant à l’horloge de
l’histoire que nous avons modestement essayé
d’écrire ici ; et j’ai peur que nous ne soyions pas
suffisamment prêts pour cette heure, lien est ainsi,
hélas ! dans bien d’autres domaines ! — N’est-ce
pas une tristesse que d’être obligé de répondre par
un refus aux demandes de brochures et de confé
rences qui nous viennent des quatre coins du pays !
Il nous faudrait une organisation qui affirmerait
l’existence et centraliseraitl’effortdu parti pacifique
chrétien : et nous nous sentons incapables de créer
cette organisation. Tous les devoirs se présentent
à la fois devant le petit troupeau que Dieu a main
tenu en France : devoir d’évangélisation, devoir
de mission au loin, devoir d’éducation populaire,
tâches de relèvement et de salut. Et ce petit trou
peau se débat sous l’obsédante préoccupation de
son avenir. Nous ne manquons ni de courage, ni
de confiance, car nous savons qu’après les ténèbres
actuelles viendra la radieuse clarté du plein midi.
Mais comme nous avons besoin d’entendre l'auguste
parole “ Ne crains pas. ”
Nous ne pouvons que faire partager nos espé
rances et nos angoisses à nos amis de la première
heure. Le devoir actuel nous paraît net, précis.
Comment l’accomplirons-nous ? Dieu nous le
montrera. Prions et attendons.
Paul Allégret.
LE PACIFISME
au Synode de Reims
L’œuvre entreprise, il y a quelques années, par
la Société Chrétienne des Amis de la Paix , vient
de faire un nouveau pas en avant. Depuis le
Synode général qui vient de se réunira Reims,
du q au 18 mai, le pacifisme a droit de cité dans
l’Eglise. La question de la Guerre et de la Paix
est mise à l’ordre du jour des délibérations des
2 i Synodes particuliers qui, tous les ans, du nord
au midi, groupent les représentants de plus de
cinq cents communautés religieuses évangéli
ques. Cette question se pose do-nc, on peut le
dire sans rien exagérer, non plus devant quelques
individus épris d’idéal, mais devant le protestan
tisme français tout entier ; et il est certain que’
les plus grands résultats peuvent sortir de ce
mouvement, si chaque pacifiste, s’empressant de
saisir Poccasion, sait faire son devoir.
■ C’est à Rouen, l’an dernier, (pie la chose a
commencé. Le Comité central de notre Société,
profitant alors de la réunion du Synode de Nor
mandie, tint une séance, et me chargea de
demander à la Commission exécutive du Synode
•qu'un rapport fut présenté, à la session suivante,
sur le pacifisme chrétien. La commission fit à ce
vœu une réponse favorable, et chargea M. le
pasteur Allégret du rapport. Malheureusement,
lorsque, le 14 avril dernier, la question vint à
l’étude au Synode de Lillebonne, il restait si peu
de temps que notre cher président fut obligé
d’amputer les 5/6 de son travail et de nous en
donner seulement la conclusion. 11 s’agissait
d’ailleurs, non de se prononcer sur le fond de
la question, mais de prier le Synode général de
la renvoyer aux Synodes particuliers. C’est ce
que fit l’assemblée à la presque unanimité, en
prenant la délibération publiée dans le dernier
numéro de VUniversel.
A Reims, comme je faisais partie de la Com
mission des vœux, j’ai demandé et obtenu de
présenter la proposition en séance du Synode.
La discussion de l’ordre du jour que j’avais
rédigé, et (pii avait été adopté par la Commission,
a été courte, mais chaude. Dans mon rapport
verbal, j’ai rappelé les origines de notre Société
pacifique chrétienne, ainsi que le travail qu’elle
avait pu accomplir jusqu’ici, malgré le nombre
restreint de ses adhérents, la place qu’elle avait
su prendre dans le mouvement pacifiste, à côté
de Sociétés plus anciennes et plus grandes. A
l’étranger, dis-je, en Amérique par exemple
comme l’a prouvé le Congrès de Boston, le pa
cifisme est essentiellement chrétien et va puiser
son inspiration dans l’Evangile. Chez nous, jus
qu’à ces dernières années, il n’en était pas ainsi,
et il est temps que l’Eglise reprenne rang parmi
J ceux qui combattent pour le.droit, contre la force
j brutale. Nous n’en voulons pas à l’armée, ni à
| qui que ce soit ' ce que nous voulons détruire,
| au nom de Jésus Christ, c’est une crrèur, l’erreur
des deux morales, d’après laquelle le meurtre et
le vol, interdits aux individus, seraient légitimes
quand c’est la collectivité qui les accomplit. Nos
Eglises doivent lutter contre cette erreur, comme
elles luttent contre l’alcoolisme et la tuberculose.
Presque tous les députés présents donnèrent
à ce court exposé des marques de complet assen
timent. L’un d’entre eux cependant, le colonel
Moziman, crut devoir faire quelques réserves :
« Moi aussi, dit-il, je suis pour la paix, mais je
crains que les pacifistes n’aillent trop loin, et que
leurs théories n’exerccntuneinfluencenéfaste sur
la jeunesse ; en parlant toujours de paix, vous dé
tournez l’enfant de ses futurs devoirs de citoyen
et de soldat. Du reste, vous vous trompez
d’adresse, car la guerre a des causes purement
économiques. »
« C’est vrai ! répond aussitôt M.Wilfred Monod,
et c’est pourquoi il faudra bien en venir, un jour
ou l’autre, à étudier comme il convient laques-
lion de la propriété ! »
Je réponds à mon tour que nous n’avons
nullement l’intention de déraciner des jeunes
âmes les sentiments patriotiques. 11 est certain
cependant que, jusqu’ici, les éducateurs ont fait
la place trop belle aux conquérants dans leur
enseignement. Jeanne d'Arc reste pour nous un
admirable modèle, mais les grands conquérants
ne se différencient pas à nos yeux des grands
voleurs.
M. Hausser, un admirable orateur, monte à la
tribune : « Voyez, dit-il, où l’on nous mène ! En
moins de cinq minutes — il ne lui a pas fallu
plus de temps — M. Monod, vient d’arracher
au colonel Moziman, une profession de foi collec
tiviste ! Et maintenant on vient nous dire que les
grands conquérants sont les grands voleurs !
(Oui ! Oui! sur divers bancs.) Soyons modérés,
Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 88.62%.
En savoir plus sur l'OCR
En savoir plus sur l'OCR
Le texte affiché peut comporter un certain nombre d'erreurs. En effet, le mode texte de ce document a été généré de façon automatique par un programme de reconnaissance optique de caractères (OCR). Le taux de reconnaissance estimé pour ce document est de 88.62%.
-
-
Page
chiffre de pagination vue 1/4
- Recherche dans le document Recherche dans le document https://nutrisco-patrimoine.lehavre.fr/services/ajax/action/search/ark:/12148/bpt6k4565397j/f1.image ×
Recherche dans le document
- Partage et envoi par courriel Partage et envoi par courriel https://nutrisco-patrimoine.lehavre.fr/services/ajax/action/share/ark:/12148/bpt6k4565397j/f1.image
- Téléchargement / impression Téléchargement / impression https://nutrisco-patrimoine.lehavre.fr/services/ajax/action/download/ark:/12148/bpt6k4565397j/f1.image
- Acheter une reproduction Acheter une reproduction https://nutrisco-patrimoine.lehavre.fr/services/ajax/action/pa-ecommerce/ark:/12148/bpt6k4565397j
- Acheter le livre complet Acheter le livre complet https://nutrisco-patrimoine.lehavre.fr/services/ajax/action/indisponible/achat/ark:/12148/bpt6k4565397j
Facebook
Twitter