Titre : L'Universel : l'Évangile c'est la liberté ! / direction H. Huchet
Auteur : Mouvement pacifique chrétien de langue française. Auteur du texte
Éditeur : [s.n.] (Le Havre)
Date d'édition : 1903-04-01
Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32885496v
Type : texte texte
Type : publication en série imprimée publication en série imprimée
Langue : français
Description : 01 avril 1903 01 avril 1903
Description : 1903/04/01 (N12)-1903/04/30. 1903/04/01 (N12)-1903/04/30.
Description : Collection numérique : Fonds régional :... Collection numérique : Fonds régional : Haute-Normandie
Description : Collection numérique : Nutrisco, bibliothèque... Collection numérique : Nutrisco, bibliothèque numérique du Havre
Droits : Consultable en ligne
Identifiant : ark:/12148/bpt6k45653734
Source : Bibliothèque nationale de France, département Droit, économie, politique, JO-45090
Conservation numérique : Bibliothèque nationale de France
Date de mise en ligne : 19/09/2017
'
Guerre à la Guerre
5 e Année. — N° 12.
NI ENSU EU
Cinq Centimes le IM11 m é r*o
Année 19© 3
AVRIL 1908
Organe du Mouvement Pacifique Chrétien
de Langue Française
" PAIX SUR LA TERRE ! ”
ABONNEMENTS
RÉDACTION
DIRECTION :
ADMINISTRATION
PROPAGANDE
France
Union Postale...
1 Fr.
2 —
H. Huchet
TVT me II. Huchet
Paul ALLÉGRET
AU HAVRE
Yves Ue Bail
]XI me Yves Le Bail
Des abonnements Gratuits
seront servis à tous ceux
qui en feront la demande
Pour tout ee qui concerne la Rédaction et /Administration, s’adresser au bureau de /'Universel, 19, Place de l’Hôtel-do-Ville. LE HAVRE
••A' SOMMAIRE *■
Il faut de l’Argent... ! P. Allégret.
Ode à la Paix Georges Tliouret.
Opinions d’hier Alphonse Karr.
Conférence de M. Allégret.
Nouvelles P. A.
Notre colonne espérantiste Cl. du Pasquier.
Chronique de la Paix H. d’Allens.
Bibliographie H. H.
Echos H. Huchet.
Section de Rouen E. Lang.
IL FADT DE L'ARGENT...!
Les médecins qui, comme les théologiens,
sont rarement d’accord, nous offrent pour
une fois le spectacle d'une unanimité tou
chante. Tous nous disent : « La tuberculose
est à l’heure actuelle la plus meurtrière des
maladies sociales : le tiers de la mortalité géné
rale de la France, voilà ce qu’elle nous coûte. »
Tous ajoutent avec la même harmonie : « Or,
la mortalité par tuberculose doit et peut être
diminuée. » C’est en effet une maladie conta
gieuse, par conséquent évitable ; et c’est une
maladie très souvent curable. De ceci la preuve
n’est plus à faire : elle est faite, plus que
faite..., ne serait-ce que par les noyés du pro
fesseur Brouardel, à la morgue de Paris, qui,
morts par suicide ou accident, offrent à l’au
topsie des traces manifestes de cavernes tu
berculeuses cicatrisées.
Mais, voici qui est encore plus beau : non
seulement les médecins nous disent tous,
d’un bout à l’autre de l’Europe : la tubercu
lose est guérissable, ils nous disent aussi, et
ils sont d’accord pour nous le dire, comment
on peut la guérir. L’emploi de ce qu’ils appel
lent la triade thérapeutique, repos, cure d’air,
suralimentation, est acceptée par les spécia
listes du monde entier, et a donné de très
encourageants résultats. Dans telle ville de
l’étranger qu’on pourrait citer, à la suite d’un
premier effort fait pour combattre la tuber
culose, on a vu le nombre des décès de phti
siques diminuer dans la proportion de 48%.
Alors, pourquoi 150,000 tuberculeux, repré
sentant, au dire des économistes, un capital
social perdu de deux milliards, continuent-ils
à agoniser et à mourir dans ce pays de tous
les progrès qui s’appelle la France, pays où
les Allemands et les Anglais viennent cher
cher la guérison, sans qu’on ait jusqu’ici
tenté quoi que ce soit de sérieux pour enrayer
le fléau ?
*
* *
Ah ! voilà ! c’est que la lutte contre la tuber
culose coûte de l’argent.
La première arme à employer contre le
monstre dévorant, c’est le sanatorium, mis à
la mode par les médecins allemands. Or, un
sanatorium coûte cher, et le séjour dans un
sanatorium, môme à prix coûtant, n’est pas
bon marché. Un employé célibataire peut
encore s’offrir ce luxe, à la condition qu’il
ait fait des économies, ou que son adminis
tration lui alloue généreusement une indem
nité extraordinaire. Mais allez donc conseil
ler le sanatorium à un ouvrier qui a femme
et enfants, et dont le salaire suffit à peine à
nourrir tout ce monde : autant lui conseiller
une cure d’air dans la planète-Mars. 11 conti
nue à travailler, jusqu’au bout, augmentant
son mal, se contaminant lui-môme et conta
minant ses camarades d’atelier. Pour lui
venir efficacement en aide il faudrait de l’ar
gent ; de l’argent pour lui, puisque ne tra
vaillant plus il ne pourrait pas payer sa cure,
de l’argent pour sa famille pendant qu’il est
au sanatorium... beaucoup d’argent.
La deuxième arme, c’est le dispensaire. Le
dispensaire antituberculeux, d’invention
française, est moins onéreux que le sanato
rium : mais il coûte encore de l’argent. J’ai
eu l’occasion de visiter en détail et de voir
fonctionner le dispensaire type, celui du D r
Calmette, à Lille. Je suis revenu de cette
visite absolument émerveillé. Je ne puis son
ger à en faire ici, pour mes amis d e T Universel,
une description détaillée. J’y reviendrai plus
tard, si je le puis. Je dirai seulement que le
dispensaire antituberculeux est avant tout
une œuvre d’éducation et de prophylaxie
sociale : il recherche, il « épie » tout homme
suspect de tuberculose et s’efforce de l’attein
dre avant qu’il soit trop tard ; il attire et
examine les’maladesdéjà contaminés et opère
un triage entre ceux qui peuvent être guéris
et les autres. Les autres..., il les abandonne.
Quant à ceux qui peuvent être guéris, le dis
pensaire les suit par le moyen d’un ouvrier
enquêteur qui est la cheville ouvrière de
l’œuvre. L’ouvrier enquêteur visite les mala
des ; il fait leur éducation hygiénique ; il
leur procure le logement, la nourriture, les
médicaments dont ils ont besoin. C’est un
moniteur d’hygiène, c’est un artisan de gué
rison attaché à leur personne. L’ouvrier
enquêteur est en même temps un merveilleux
agent de préservation sociale : partout où il
passe et où ses prescriptions sont obéies, le
tuberculeux, qui est un perpétuel danger
pour la société, est rendu inoffensif.
C’est beau. Encore ici il y a un mais... mais
cela coûte de l’argent. Un dispensaire anti
tuberculeux, c’est 50,000 francs de frais de
fondation et 25,000 francs de frais de route
annuels. Et puis, avez-vous remarqué que
le dispensaire, par la force des choses (tradui
sez par la pénurie de ses ressources) aban
donne tous les malades gravement atteints
pour ne s’attacher qu’à ceux dont on attend
la guérison ? Alors, rien pour les plus mala
des? Non, rien : il faut trop d’argent.
Ce n’est pas tout. Si la France est en retard,
très en retard pour ce qui concerne les dis
pensaires et les sanatoriums, si elle est le
seul pays d'Europe où la mortalité par tuber
culose augmente au lieu de diminuer, elle est
moins en retard pour ce qui concerne cer
taines œuvres préventives de la tuberculose.
On a fondé des sanatoriums marins et des
colonies de vacances pour les enfants chétifs,
les adolescents malingres, ces malheureux
candidats à la phtisie. Mais voici : dix enfants
y sont admis pour cent qui le demandent et
qui en auraient besoin. Et les autres ? Il fau
drait de l’argent.
Et les quartiers immondes à démolir ? Et
les logements salubres à construire? Et les
écoles à assainir ? Et les hôpitaux à agrandir?
ces hôpitaux encombrés de brancards deve
nus des lits immuables, au chevet desquels,
en guise de table, une chaise supporte, dans
une répugnante promiscuité, les ustensiles
d’un usage intime à côté des tranches
d’orange et des bols de bouillon? Ah! oui,
mais il faudrait de l’argent.
On en demande aux philanthropes ; on en
demande aux municipalités ; on en demande
même à L’Etat ; et on ne voit par venir grand’-
chose. Eh bien, j’élève ici la voix pour dire
qu’on en aura plus qu’il n’en est besoin, qu’on
en aura à foison, qu’on en aura à ne savoir
qu’en faire. Il suffit d’appliquer à la lutte
antituberculeuse la moitié seulement, ou
même le quart, du budget de la guerre. Est-
ce assez insensé ? On enfle toujours, on enfle
démesurément les bugets destructeurs, ces
budgets dont chacun sait au fond de sa
conscience qu’ils sont devenus inutiles, et on
ne fait rien pour la vie.
Et pendant qu’on pressure les contribua
bles jusqu’à épuisement, pour fondre des
canons dont chaque coup revient à 4.000 fr.
— sans boulet — et pour garantir une paix
que personne aujourd’hui ne voudrait, n’ose
rait ou ne devrait troubler, l’innombrable
foule des tuberculeux continue sa marche à
la mort... parce qu’il n’y a pas d’argent !
P. Allégret.
©de à la faix
Dédiée au grand apôtre de la Paix Frcd. Passy
O Paix I sublime Paix, dontla voix est si tendre
Que les peuples charmés font taire les canons
Et les cris de victoire afin de mieux l'entendre ;
O digne déité de tous les Pàrthénons !
Toi dont l’aurore, enfin, sur notre astre se lève ;
Protectrice du pain qui mûrit aux sillons,
Etdontiebrasvainqueurvientopposer au glaire,
Victorieusement, un faisceau de rayons ;
Toi qui sr.spendsla mort entre tes mains altières,
Et dont le geste immense, indomptable, inlassé,
Fait insensiblement s'abaisser les frontières,
Et reculer la haine aux ombres du passé ;
O toi qui suscitas pour conquérir la Terre
Des apôtres au verbe ardemment écouté,
Par l’intervention de leur doux ministère,
Penche-toi vers le peuple épris de ta beauté.
Et toi, Peuple puissant, admire ces apôtres ;
Offre-leur ton respect, car ils l’ont mérité ;
Leur conscience est pure entre toutes les autres :
Tu les reconnaîtras à leur sérénité.
Vois! ilssontlasd’avoirfranchiles pentes saintes
Qui montent vers le vrai, notre seul Sinaï,
Pour révéler les Lois d’Amour en nos enceintes ;
C’est Passy parmi nous, là-bas... c’est Tolstoï !
Ils sont las du combat livré contre la haine ;
À toi de soutenir, dèslors, leurs pas tremblants,
Et déposer, foule équitable et souveraine,
Le nimbe de la gloire à leurs beaux cheveux blancs.
Georges Thouret.
WÊÊmmmm
*3
Guerre à la Guerre
5 e Année. — N° 12.
NI ENSU EU
Cinq Centimes le IM11 m é r*o
Année 19© 3
AVRIL 1908
Organe du Mouvement Pacifique Chrétien
de Langue Française
" PAIX SUR LA TERRE ! ”
ABONNEMENTS
RÉDACTION
DIRECTION :
ADMINISTRATION
PROPAGANDE
France
Union Postale...
1 Fr.
2 —
H. Huchet
TVT me II. Huchet
Paul ALLÉGRET
AU HAVRE
Yves Ue Bail
]XI me Yves Le Bail
Des abonnements Gratuits
seront servis à tous ceux
qui en feront la demande
Pour tout ee qui concerne la Rédaction et /Administration, s’adresser au bureau de /'Universel, 19, Place de l’Hôtel-do-Ville. LE HAVRE
••A' SOMMAIRE *■
Il faut de l’Argent... ! P. Allégret.
Ode à la Paix Georges Tliouret.
Opinions d’hier Alphonse Karr.
Conférence de M. Allégret.
Nouvelles P. A.
Notre colonne espérantiste Cl. du Pasquier.
Chronique de la Paix H. d’Allens.
Bibliographie H. H.
Echos H. Huchet.
Section de Rouen E. Lang.
IL FADT DE L'ARGENT...!
Les médecins qui, comme les théologiens,
sont rarement d’accord, nous offrent pour
une fois le spectacle d'une unanimité tou
chante. Tous nous disent : « La tuberculose
est à l’heure actuelle la plus meurtrière des
maladies sociales : le tiers de la mortalité géné
rale de la France, voilà ce qu’elle nous coûte. »
Tous ajoutent avec la même harmonie : « Or,
la mortalité par tuberculose doit et peut être
diminuée. » C’est en effet une maladie conta
gieuse, par conséquent évitable ; et c’est une
maladie très souvent curable. De ceci la preuve
n’est plus à faire : elle est faite, plus que
faite..., ne serait-ce que par les noyés du pro
fesseur Brouardel, à la morgue de Paris, qui,
morts par suicide ou accident, offrent à l’au
topsie des traces manifestes de cavernes tu
berculeuses cicatrisées.
Mais, voici qui est encore plus beau : non
seulement les médecins nous disent tous,
d’un bout à l’autre de l’Europe : la tubercu
lose est guérissable, ils nous disent aussi, et
ils sont d’accord pour nous le dire, comment
on peut la guérir. L’emploi de ce qu’ils appel
lent la triade thérapeutique, repos, cure d’air,
suralimentation, est acceptée par les spécia
listes du monde entier, et a donné de très
encourageants résultats. Dans telle ville de
l’étranger qu’on pourrait citer, à la suite d’un
premier effort fait pour combattre la tuber
culose, on a vu le nombre des décès de phti
siques diminuer dans la proportion de 48%.
Alors, pourquoi 150,000 tuberculeux, repré
sentant, au dire des économistes, un capital
social perdu de deux milliards, continuent-ils
à agoniser et à mourir dans ce pays de tous
les progrès qui s’appelle la France, pays où
les Allemands et les Anglais viennent cher
cher la guérison, sans qu’on ait jusqu’ici
tenté quoi que ce soit de sérieux pour enrayer
le fléau ?
*
* *
Ah ! voilà ! c’est que la lutte contre la tuber
culose coûte de l’argent.
La première arme à employer contre le
monstre dévorant, c’est le sanatorium, mis à
la mode par les médecins allemands. Or, un
sanatorium coûte cher, et le séjour dans un
sanatorium, môme à prix coûtant, n’est pas
bon marché. Un employé célibataire peut
encore s’offrir ce luxe, à la condition qu’il
ait fait des économies, ou que son adminis
tration lui alloue généreusement une indem
nité extraordinaire. Mais allez donc conseil
ler le sanatorium à un ouvrier qui a femme
et enfants, et dont le salaire suffit à peine à
nourrir tout ce monde : autant lui conseiller
une cure d’air dans la planète-Mars. 11 conti
nue à travailler, jusqu’au bout, augmentant
son mal, se contaminant lui-môme et conta
minant ses camarades d’atelier. Pour lui
venir efficacement en aide il faudrait de l’ar
gent ; de l’argent pour lui, puisque ne tra
vaillant plus il ne pourrait pas payer sa cure,
de l’argent pour sa famille pendant qu’il est
au sanatorium... beaucoup d’argent.
La deuxième arme, c’est le dispensaire. Le
dispensaire antituberculeux, d’invention
française, est moins onéreux que le sanato
rium : mais il coûte encore de l’argent. J’ai
eu l’occasion de visiter en détail et de voir
fonctionner le dispensaire type, celui du D r
Calmette, à Lille. Je suis revenu de cette
visite absolument émerveillé. Je ne puis son
ger à en faire ici, pour mes amis d e T Universel,
une description détaillée. J’y reviendrai plus
tard, si je le puis. Je dirai seulement que le
dispensaire antituberculeux est avant tout
une œuvre d’éducation et de prophylaxie
sociale : il recherche, il « épie » tout homme
suspect de tuberculose et s’efforce de l’attein
dre avant qu’il soit trop tard ; il attire et
examine les’maladesdéjà contaminés et opère
un triage entre ceux qui peuvent être guéris
et les autres. Les autres..., il les abandonne.
Quant à ceux qui peuvent être guéris, le dis
pensaire les suit par le moyen d’un ouvrier
enquêteur qui est la cheville ouvrière de
l’œuvre. L’ouvrier enquêteur visite les mala
des ; il fait leur éducation hygiénique ; il
leur procure le logement, la nourriture, les
médicaments dont ils ont besoin. C’est un
moniteur d’hygiène, c’est un artisan de gué
rison attaché à leur personne. L’ouvrier
enquêteur est en même temps un merveilleux
agent de préservation sociale : partout où il
passe et où ses prescriptions sont obéies, le
tuberculeux, qui est un perpétuel danger
pour la société, est rendu inoffensif.
C’est beau. Encore ici il y a un mais... mais
cela coûte de l’argent. Un dispensaire anti
tuberculeux, c’est 50,000 francs de frais de
fondation et 25,000 francs de frais de route
annuels. Et puis, avez-vous remarqué que
le dispensaire, par la force des choses (tradui
sez par la pénurie de ses ressources) aban
donne tous les malades gravement atteints
pour ne s’attacher qu’à ceux dont on attend
la guérison ? Alors, rien pour les plus mala
des? Non, rien : il faut trop d’argent.
Ce n’est pas tout. Si la France est en retard,
très en retard pour ce qui concerne les dis
pensaires et les sanatoriums, si elle est le
seul pays d'Europe où la mortalité par tuber
culose augmente au lieu de diminuer, elle est
moins en retard pour ce qui concerne cer
taines œuvres préventives de la tuberculose.
On a fondé des sanatoriums marins et des
colonies de vacances pour les enfants chétifs,
les adolescents malingres, ces malheureux
candidats à la phtisie. Mais voici : dix enfants
y sont admis pour cent qui le demandent et
qui en auraient besoin. Et les autres ? Il fau
drait de l’argent.
Et les quartiers immondes à démolir ? Et
les logements salubres à construire? Et les
écoles à assainir ? Et les hôpitaux à agrandir?
ces hôpitaux encombrés de brancards deve
nus des lits immuables, au chevet desquels,
en guise de table, une chaise supporte, dans
une répugnante promiscuité, les ustensiles
d’un usage intime à côté des tranches
d’orange et des bols de bouillon? Ah! oui,
mais il faudrait de l’argent.
On en demande aux philanthropes ; on en
demande aux municipalités ; on en demande
même à L’Etat ; et on ne voit par venir grand’-
chose. Eh bien, j’élève ici la voix pour dire
qu’on en aura plus qu’il n’en est besoin, qu’on
en aura à foison, qu’on en aura à ne savoir
qu’en faire. Il suffit d’appliquer à la lutte
antituberculeuse la moitié seulement, ou
même le quart, du budget de la guerre. Est-
ce assez insensé ? On enfle toujours, on enfle
démesurément les bugets destructeurs, ces
budgets dont chacun sait au fond de sa
conscience qu’ils sont devenus inutiles, et on
ne fait rien pour la vie.
Et pendant qu’on pressure les contribua
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canons dont chaque coup revient à 4.000 fr.
— sans boulet — et pour garantir une paix
que personne aujourd’hui ne voudrait, n’ose
rait ou ne devrait troubler, l’innombrable
foule des tuberculeux continue sa marche à
la mort... parce qu’il n’y a pas d’argent !
P. Allégret.
©de à la faix
Dédiée au grand apôtre de la Paix Frcd. Passy
O Paix I sublime Paix, dontla voix est si tendre
Que les peuples charmés font taire les canons
Et les cris de victoire afin de mieux l'entendre ;
O digne déité de tous les Pàrthénons !
Toi dont l’aurore, enfin, sur notre astre se lève ;
Protectrice du pain qui mûrit aux sillons,
Etdontiebrasvainqueurvientopposer au glaire,
Victorieusement, un faisceau de rayons ;
Toi qui sr.spendsla mort entre tes mains altières,
Et dont le geste immense, indomptable, inlassé,
Fait insensiblement s'abaisser les frontières,
Et reculer la haine aux ombres du passé ;
O toi qui suscitas pour conquérir la Terre
Des apôtres au verbe ardemment écouté,
Par l’intervention de leur doux ministère,
Penche-toi vers le peuple épris de ta beauté.
Et toi, Peuple puissant, admire ces apôtres ;
Offre-leur ton respect, car ils l’ont mérité ;
Leur conscience est pure entre toutes les autres :
Tu les reconnaîtras à leur sérénité.
Vois! ilssontlasd’avoirfranchiles pentes saintes
Qui montent vers le vrai, notre seul Sinaï,
Pour révéler les Lois d’Amour en nos enceintes ;
C’est Passy parmi nous, là-bas... c’est Tolstoï !
Ils sont las du combat livré contre la haine ;
À toi de soutenir, dèslors, leurs pas tremblants,
Et déposer, foule équitable et souveraine,
Le nimbe de la gloire à leurs beaux cheveux blancs.
Georges Thouret.
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